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    PARIS, LE 19 DÉCEMBRE 2018

    SAYA

    Saya est une slasheuse. Ce mot devenu à la mode depuis quelques années. Elle jongle entre plusieurs métiers: photographe avec Saya Photography + agent d’artistes make-up et coiffure (entre autres) avec Studio Ohlala. Beaucoup de travail + de compétences qu’elle met au service des autres, toujours avec ce grand sourire qui la caractérise.

    Saya ne rêve pas d’immortaliser un mariage en particulier «parce que je photographie déjà les mariages que je souhaite avoir, j’ai beaucoup de chance de pouvoir choisir mes couples donc je m’éclate à chaque fois». Alors, elle cherche si une personne célèbre lui donnerait envie : «non parce qu’une personne célèbre tu as envie d’assister au mariage, pas de travailler.»

    « Je suis une personne humaine et sincère. »

    Saya, fondatrice de sa marque Saya Photography et du collectif Studio Ohlala

    Qui es-tu Saya ? Cette question donne du fil à retordre à chacun de nos artisans. Saya se définit comme «une personne humaine et sincère».

    Elle est arrivée à la photographie de mariage par hasard : «c’est un peu le stéréotype de chaque photographe de mariage, arrivée à 30 ans tu as tes potes qui se marient, ils adorent ton univers photographique et ils te demandent d’être leur photographe de mariage». Elle s’aperçoit alors que «ce n’est pas si kitsch que ça». Au départ Saya est photographe de mode un milieu où l’univers du mariage est assez mal vu.


    Saya accorde beaucoup d’importance à la relation humaine, elle a besoin d’être proche de ses mariés: «Je m’incruste un peu dans leur vie. J’échange un maximum avec eux en amont et j’aime bien aussi qu’ils me suivent sur les réseaux afin de connaître leur univers pour ensuite créer une histoire pour leur mariage. Cette histoire doit leur correspondre». Saya a une vision particulière de son métier: «Je pense que tous les reportages de mariage ne doivent pas être à travers le style photographique du professionnel mais à travers la personnalité du couple». Le style du photographe se verra à travers son regard, celui qu’il pose sur le couple + le capture. Aucun mariage n’est pareil pour Saya : «Je vais me focaliser sur les invités si les mariés adorent les fêtes entre potes alors que d’autres détestent ça donc je m’adapte à l’histoire du couple».

    Vous l’aurez deviné, ce qui fait accepter à Saya une prestation c’est «le feeling !» et ce feeling là doit aller dans les deux sens: «si le couple n’est pas bien avec toi ça va se voir sur leur reportage de mariage et ce n’est pas dans leur intérêt». Ne jamais accepter par dépit ou pour des raisons superficielles. Un photographe peut être à la mode et ne pas vous correspondre. Écoutez-vous et pensez que ces photos là sont celles que vous serez fiers de montrer dans 5, 10, 20 ans. «J’ai envie que ça soit eux, que ça soit un vrai sourire, un vrai échange de regards».

    Dans le jargon professionnel le style photographique de Saya est appelé «fine art». «Je n’aime pas mettre les gens dans des cases mais si j’ai choisi ce style c’est dans un premier temps stratégique parce que le monde du mariage commence à beaucoup à s’orienter business et évolue très vite et aujourd’hui pour être reconnu il faut avoir un style». Ce sont les dessous de l’univers du mariage. Cependant, est-ce si important pour les couples ? Attachez-vous de l’importance au style ou bien à la personnalité du photographe ?

    Pour Saya, «le fine art est le style le plus intemporel. J’aime l’idée que ça passe le temps et que ça vieillisse bien».


    Puis, arrive Studio Ohlala: «Ma première volonté était de rendre accessible le milieu de la mode aux particuliers». Studio Ohlala s’est construit petit à petit. Ses futurs mariés lui demandaient ses contacts de coiffeurs/maquilleurs du milieu de la mode pour intervenir durant leur mariage: «encore aujourd’hui le milieu de la mode n’est pas accessible quand tu ne connais pas les bonnes personnes». C’est comme ça qu’elle est arrivée à fonder le collectif. D’abord à 6 puis aujourd’hui 40 artistes en font partie. «Je veux vraiment offrir aux couples une expertise pour leur mariage et surtout mettre en avant des artistes formidables». Aujourd’hui Studio Ohlala est composé de plusieurs corps de métier : maquilleurs, coiffeurs, fleuristes, graphistes et photographes. Cela crée une unité autour du mariage puisque tous se connaissent maintenant bien.


    Saya a retiré de son parcours dans la mode «de la rigueur». Elle sait ce qu’elle veut : «dans la mode j’ai eu l’habitude d’imaginer une image avant de la faire. Du coup lorsque je vais sur un mariage je sais déjà quoi faire puisque j’ai fait du repérage en amont, j’ai étudié la morphologie de mes couples. En général, je connais mes images avant de les faire».

    Les inspirations de Saya au quotidien «j’adore les films pour les univers, les histoires, les cadrages aussi, c’est hyper inspirant». Saya est aussi passionnée par les personnes, «c’est ce qu’on retrouve dans mes images, les gens».

    Sa destination mariage de rêve ? «Il y en a plein ! Hawaii me plairait bien pour ses paysages et en terme culturel c’est un mariage indien qui me ferait rêver».


    «Le plus beau cadeau que mes mariés puissent me faire en regardant mes photos, c’est qu’ils me disent qu’ils se trouvent beaux» ; c’est ce qu’elle aimerait transmettre à ses mariés. Cette redécouverte à travers le regard du photographe.

    Sa devise ? «Je ne peux pas me tenir à une seule devise parce que je suis trop une touche à tout». Mais une en particulière accompagne Saya : «seul le coeur a la réponse».

    Nous aimons parler de nos souvenirs aussi, Saya nous parle de cette image.

    «Je pense que dans la vie d’un photographe il y a des mariages qui font changer ta vie de photographe. Ce mariage là, Amanda + Dan, m’a changé dans le fait d’appartenir au fine art. C’est un mariage qui a été organisé par Stéphanie Fayolle, une personne qui m’a beaucoup aidé à mes débuts. Quand tu travailles avec elle tu sais que quoi qu’il arrive elle défendra toujours ses prestataires et du coup je me suis sentie dans un environnement hyper sain et je me suis dit que j’allais me faire plaisir. Je suis donc revenue à mes premiers amours à savoir les portraits. C’était à la fin de la mise en beauté d’Amanda, je l’ai prise dehors, une belle lumière, un fond simple et juste elle. C’était magique parce que c’était la révélation. À partir de ce moment là j’ai décidé de me faire confiance et de m’éclater».«C’est une photo de Maria dans un cimetière du Guatemala. C’était le premier portrait dont j’étais fière et possiblement mon premier portrait tout court. Elle représente le partage et le voyage… Une photo de mon premier long voyage toute seule.»


    Merci Saya pour ce moment gourmand et plein de franchise.

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