GALLERIES

    AIX-EN-PROVENCE, LE 1ER MAI 2019

    THIBAULT

    Nous sommes allées voir Thibault à Aix. Il nous a accueilli à la Maison de la Photographie, lieu qu’il a co-fondé avec Etienne Clotis et Sophie Bourgeix. Lorsque nous sommes arrivées, il était en grande discussion avec cette dernière (sachez que Thibault est toujours en grande discussion avec quelqu’un).


    Thibault est donc photographe, nous lui avons demandé quel couple il rêverait de photographier : « Je n’ai pas d’envie particulière ». Alison intervient et demande « tu aurais aimé te photographier toi avec ta femme ?»: « Alors ça oui. Je sais que ma femme aurait rêvé avoir mes photos à notre mariage, souvent elle le regrette ». Après quelques minutes de réflexion il nous dit « En fait si, il y a un couple que j’aimerais photographier c’est la reine Elizabeth et le prince Philippe parce qu’ils sont fascinants depuis tellement d’années. Il y a une photo d’eux jeunes et il y a exactement la même il y a quelques années, ils ont tellement pas changé. Elle le regarde avec le même regard, il porte la même attention vers elle. Je trouve qu’ils ont su garder un attachement ensemble qui a traversé les années et je trouve ça fascinant. »


    C’est le hasard qui a amené Thibault à faire de la photo. « Je suis tombé dedans quand j’étais très petit parce que mon papa fait de la photo depuis toujours en tant qu’amateur averti. J’ai eu entre les mains en 1987 un Nikon F401 qu’il venait d’acheter et qui était le premier appareil photo amateur avec un auto-focus. Je me souviens d’une photo que j’ai fait pour tester l’auto-focus, j’ai photographié un sac en plastique Carrefour et je m’étais fait gronder. C’est ma première photo je crois dans ma tête. J’ai toujours vécu avec la photographie par l’intermédiaire de mon père. La photo fait partie de ma vie depuis toujours. J’ai racheté un boitier numérique à mon père en 2006, son premier et j’ai commencé à faire des photos pour le plaisir ». Puis, Thibault ressent le besoin de faire autre chose dans sa vie professionnelle. C’est à ce moment là que tout commence. « J’ai commencé à faire des images, on m’a demandé si on pouvait les acheter donc j’ai monté une structure pour pouvoir les facturer. J’ai dit à ma femme tant que nous n’avons pas d’enfants, je ferai ça. Ensuite je reprendrai un vrai bon boulot de salarié comme on l’entend ». Finalement, ce n’est pas ce qu’il s’est passé. « Quand elle est tombée enceinte j’ai fait mon premier mariage, je l’ai réveillé en pleine nuit en lui disant : « j’ai un problème, j’ai pas envie d’arrêter ». Il a eu son soutien. « Je suis très reconnaissant de ma femme. Elle m’a toujours soutenu dans mes choix d’entreprise ».

    « Je me définis comme quelqu’un de curieux, passionné et attentif aux détails »

    Thiabault Chappe, photographe


    Mais pourquoi le mariage ?  « J’ai vraiment voulu devenir expert de mon métier, j’ai voulu livrer une prestation haut de gamme à tous mes clients en ayant la certitude que je leur offre un service de qualité et pour ça il fallait passer par une spécialisation. La photographie de mariage était le domaine dans lequel j’avais l’impression d’avoir un cran d’avance sur la moyenne de ce qui se pratiquait sur le marché ». Thibault considère la photographie de mariage comme l’un des domaines les plus compliqués qui existent : « Il faut savoir faire des photos de portrait, des photos d’architecture, de détails, des photos avec pas beaucoup de lumière dans des églises mais sans flash, des photos avec pas beaucoup de lumière dans des soirées mais avec des flashs, des photos naturelles qui racontent qui sont les gens, … Il y a une richesse incroyable, j’aime cette complexité et c’est un challenge à tous les coups ».


    Thibault nous parle de sa façon d’envisager un reportage mariage : « Je vois toujours mes mariés plusieurs fois avant le mariage. Il y a la phase où on se rencontre, la phase où on fait le contrat mais réellement le rendez-vous le plus important est celui pendant lequel on parle. On parle de leur mariage mais surtout on parle d’eux, j’ai besoin d’apprendre des choses les concernant ». Pendant ce rendez-vous, Thibault veut savoir ce qui est important pour ses futurs mariés, qui sera là pendant le mariage, qui ne le sera pas. Il a besoin de savoir ce qu’il va se passer et à quel moment afin de ne pas avoir besoin d’intervenir.

    Le détail important qui lui fait accepter une prestation : « Je crois que je refuse jamais de prestation sauf quand je sens que le couple n’est pas du tout dans la même recherche que moi. Les mariés qui me demandent des choses que je ne sais pas ou ne veux pas faire, je les refuse. Mais globalement les gens viennent vers moi pour ce que je sais faire. Je ne sélectionne pas les mariés en fonction du lieu où il se marie, de la robe qu’ils ont choisis, s’ils sont beaux ou moins beaux… Je suis là pour raconter l’histoire de mes mariés, je ne suis pas là pour construire mon book. Les mariés qui me font vibrer sont ceux qui sont prêts à me livrer une partie de leur histoire et leur intimité, en fait ».


    Pourquoi la Maison de la Photographie ? « C’est avant tout une idée de Sophie Bourgeix, c’est d’abord elle qui croit qu’ensemble on est plus forts ». Accompagnés d’Etienne Clotis, ils co-créent cet endroit situé au coeur d’Aix en Provence, sur le Cours Mirabeau. « On a des valeurs communes : la qualité du service, on propose un produit haut de gamme, on veut offrir une expérience de qualité à nos clients ». Cette expérience a fait d’eux de meilleurs photographes : « c’est l’une des plus belles et des plus fabuleuses aventures de ma vie. Je leur dois beaucoup à tous les deux ».


    Un modèle dans la vie ? « Non. Je ne suis pas à suivre des trucs. Il y a des gens que j’admire. Si j’avais l’opportunité de passer une semaine avec Alexandre Astier je serai ravi. Je trouve ce mec là captivant. Il s’intéresse à tout ce qui m’intéresse mais il le fait mieux que moi (…) Il y a des gens qui me fascinent dont j’admire le parcours mais je n’ai pas forcément envie de le reproduire. Il y a quelques génies Demarchelier, Vasarely, Léonard de Vinci qui me fascinent mais je ne crois pas être en admiration sur une seule personne. À la fois j’aime l’arrogance ironique de Alexandre Astier mais j’aime aussi la sensibilité et la finesse du travail de Patrick Demarchelier tout comme j’aime le graphisme de Victor Vasarely et c’est tout ça mis bout à bout qui fait que je récupère un petit peu de ces petites briques de Lego pour construire mon propre château ».


    Ta citation ? « Les détails font la perfection mais la perfection n’est pas un détail » Léonard de Vinci.

    Ta plus grande émotion professionnelle ? « C’est compliqué comme question… Il y a plusieurs choses… La partie la moins importante mais la plus « visible » c’est toutes les distinctions. Non seulement on est fier d’avoir gagné un truc mais en plus on est content d’être soutenu pas un tas de personne, c’est très émouvant de se sentir entouré ».

    Puis, il se retourne vers une photo accrochée dans son bureau : « Cette photo participe à une histoire de ma vie. C’est une photo que j’ai faite un jour particulier, c’est pas ma photo du siècle mais elle m’a prouvé des choses. Elle me rappelle que même dans les moments compliqués de ma vie je sais être un bon prestataire de service ».


    Nous aimons parler de notre enfance aussi, Thibault nous parle d’un souvenir:

    « Je me souviens des déguisements que ma mère me faisait pour les carnavals. Ma mère cousait et elle me fabriquait des déguisements sur mes héros donc j’ai le souvenir de Lucky Luke, Zorro ou de trucs improbables. Sachant que c’est ma maman qui fabriquait tout donc j’ai beaucoup de fierté et d’honneur à valoriser ma maman sur tout ça ».  


    Merci Thibault pour ce moment de partage + d’émotions.

    ALISON + SARAH
    CONVERSATION PRÉCÉDENTE

    COMMENTAIRES -

    ÉCRIRE UN COMMENTAIRE